Rallycross RX Team

Quand Timur Timerzyanov teste les 208 Pailler Competition

À l'invitation de la structure Pailler Compétition, Timur Timerzyanov s'est essayé aux commandes des deux Peugeot 208 Supercars qui seront confiées cette année à la paire Fabien Pailler / Jonathan Pailler dans les rangs du championnat de France 2017 de Rallycross. Si les deux journées d'essais distillées par l'ancien triple champion d'Europe de Rallycross se sont déroulées dans le plus grand secret, à la fin du mois de mars, sur la piste de Lessay, nous n'avons pas pu résister à la tentation d'aller sonder le pilote STARD quant à son feeling au terme de tests pour le moins inhabituels.

À seulement quelques heures du coup d'envoi du championnat du Monde FIA qui s'est tenu au début du mois d'avril sur le circuit de Barcelone, le pilote de Kazan a pu se roder aux commandes des deux lionnes qui seront dans quelques jours au départ de l'exercice 2017 du championnat de France de la spécialité. Une rencontre forcément haute en couleurs entre un Timur Timerzyanov qui dispose assurément de la plus vaste des expériences dans le monde du Supercar et une structure Pailler Compétition qui, du haut de ses 12 titres nationaux, s'est assurément érigée comme la spécialiste incontestée du Rallycross français.

Une rencontre d'autant plus intéressante que Timur Timerzyanov dispose d'un vécu pour le moins unique sur la scène du championnat du Monde FIA. Respectivement passé par les équipes Peugeot Hansen, Olsbergs-MSE, Team Austria, difficile en effet de trouver meilleur témoin que le nouveau pensionnaire de la firme STARD de Manfred Stohl pour jauger des qualités et des faiblesses des deux 208 Pailler Compétition. Connu pour son franc-parler, Timur Timerzyanov ne s'embarrasse que très rarement de bons sentiments et s'emploie toujours à livrer une posture bien éloignée de la langue de bois qui incombe pourtant à son statut.

Manifestement, le pilote russe ne regrettait pas un seul instant d'avoir répondu à l'invitation de l'équipe Pailler Compétition.

« Je dois avouer que j'ai été plutôt ravi de ce que j'ai pu voir. Non seulement cela m'a permis de reprendre le rythme de la compétition avant Barcelone, mais j'ai aussi eu le plaisir de recroiser la route de Jean-Luc Pailler que je connais depuis 2001. À l'époque, Ayrat Shaimiev cherchait une voiture pour disputer le championnat d'Europe d'Autocross, et c'est ainsi que les premiers liens entre le Tatarstan et Pailler Compétition se sont établis. Depuis cette époque, c'est toujours avec un plaisir certain que j'ai pris pour habitude de recroiser Jean-Luc dans les paddocks commente le pilote STARD, » avant de revenir plus en détails sur le contenu de ses deux journées passées au volant des deux Peugeot 208.

« Non seulement le circuit de Lessay est très intéressant sur le plan de sa technicité, mais j'ai surtout eu la surprise de voir que Pailler Compétition m'avait mis à disposition les deux voitures de l'équipe. Fabien et Jonathan étaient là, et je pensais naïvement qu'ils allaient eux-aussi en profiter pour rouler avant que je ne comprenne que les deux 208 m'étaient exclusivement réservées. J'ai pu comparer les qualités des deux voitures tout en testant différents réglages tout au long de ces essais. »

« Ce qui m'a clairement surpris, c'est l'efficacité de ces voitures. Bien sûr, il ne s'agit pas des montures que j'ai pour habitude de conduire en FIA World RX, mais en termes de comportement et d'équilibre, c'était vraiment parfait. En réalité, lorsque je m'attaque à des journées de roulage comme celles-ci, je m'attends souvent à devoir perdre du temps en raisons des problèmes techniques qui peuvent surgir, mais cette fois, j'ai pu passer deux jours sans me heurter au moindre problème. De par mon expérience, je peux vous assurer que ce n'est que trop rarement le cas. Certes, le circuit de Lessay est différent de ceux qu'on retrouve en championnat du Monde, mais les 208 sont parfaitement adaptées à ce genre de tracés, » assume Timur, qui a pu aligner pas moins de 130 tours deux jours durant.

Et ce qui semble avoir surpris le pilote russe, c'est surtout la facilité de prise en main des Peugeot 208.

« C'est facile à conduire et au volant, la remontée d'informations est totale. En termes de puissance, j'ai trouvé les moteurs parfaitement équilibrés pour ce genre de piste tandis que la tenue de route des voitures est tellement bonne que vous n'avez pas besoin de les brusquer pour en faire ce que vous souhaitez. Vous ressortez des virages sans aucun souci. Pour être tout à fait honnête, c'est la seule voiture qu'il m'ait été donné de conduire et avec laquelle, au terme du premier run, je n'ai rien trouvé à redire quant à son comportement. Je ne me rappelle même pas avoir eu une voiture aussi saine entre les mains. D'habitude, il faut du temps pour trouver ses repères, et là, j'ai immédiatement trouvé les miens. On a procédé à quelques réglages afin d'adapter complètement les voitures à mon style de pilotage. Je suis curieux de voir ce que Jonathan et Fabien seront en mesure de faire cette saison avec ces 208 en championnat de France. De mon côté, c'était parfait à tous points de vue. Que ce soit sur les freinages sur terre ou asphalte, sur le placement de la voiture en entrée de virages ou sur la facilité avec laquelle les voitures se comportent en sortie de courbes, les 208 fonctionnent au doigt et à l’œil, et ce, que ce soit sur terre ou bien sur asphalte. De plus, nous avons eu droit à toutes les conditions météorologiques possibles durant ces tests. Entre les surfaces humides et détrempées et le sec, j'ai vraiment eu droit à une vision globale de ce que les voitures pouvaient faire. »

« Pour moi, ce fut une préparation optimale avant le championnat du Monde. Bien sûr, ma Fiesta de l'équipe STARD est un peu plus puissante sur le plan de la motorisation, mais la différence n'est pas si énorme lorsque vous vous retrouvez derrière le volant. De même, la conception n'est pas la même, mais je crois que Jean-Luc était pour le moins surpris à l'idée que je trouve ses voitures si efficaces. Nous avons testé pas mal de choses et à vrai dire, je ne m'attendais à me retrouver aux commandes de 208 aussi redoutables. C'est difficile de trouver plus performant pour ce genre de circuits où vous n'avez pas besoin de composer avec de gros jumps comme c'est le cas en championnat du Monde. »

Au terme d'une saison 2016 pour le moins compliquée, il semble que le travail abattu par la structure Pailler Compétition soit sur le point de porter ses premiers fruits.

Voilà qui suffira, si le besoin devait encore s'en faire sentir, à classer la paire Fabien Pailler / Jonathan Pailler parmi des candidats plus que crédibles à la succession de Firmin Cadeddu au palmarès du Supercar tricolore. Des performances que ne manquera pas de suivre au plus près un certain Timur Timerzyanov...

Auteur : Pure Rallycross - Nicolas DUBERNARD