Rallycross RX Team

L'équipe proche de l'exploit en Suède

Pour son retour dans le Värmland suédois, l’équipe Pailler Compétition n’a pas fait les choses à moitié. D’un Fabien Pailler capable de faire jeu égal avec les meilleures références de la scène européenne, le double champion de France Supercar occupait la deuxième place du classement intermédiaire au soir de la première journée de compétition. Intercalé entre Anton Marklund et Andreas Bakkerud en amont de la Q3, le tricolore aurait même pu espérer terminer les qualifications aux commandes du classement intermédiaire sans une pénalité de cinq secondes essuyées lors de l’ultime session du meeting.

Qualifié sur la première ligne de sa demi-finale, Fabien Pailler était tout proche de valider une première place qui aurait pu contribuer à l’expédier sur la première ligne de l’ultime confrontation du meeting. Hélas, à un tour du terme, une roue arrachée viendra mettre un terme malheureux à ses ambitions.

De son côté, Jonathan Pailler s’est offert une entame de meeting autrement plus mesurée. Précautionneux, le pilote de la Peugeot 208 n’a pas cherché à forcer le destin tout au long des quatre manches qualificatives avec une septième place à mettre à son actif au classement intermédiaire établi à l’issue de la Q4.

Toutefois, c’est bien le cadet de la fratrie Pailler qui se chargera de prendre en main la destinée de l’équipe bretonne. Fabien Pailler contraint à l’abandon, Jonathan capitalisait sur cette opportunité pour franchir la ligne d’arrivée de sa demi-finale à la première place. Qualifié sur la première ligne de la finale aux côtés du vainqueur du jour le norvégien Thomas Bryntesson, Jonathan ira décrocher une cinquième place qui lui permet de mettre la main sur la quatrième place du classement général à seulement un point du vice-champion du Monde 2019 Andreas Bakkerud.

Si Fabien Pailler n’aura pas réussi à conforter son statut de candidat à la victoire lors d’une demi-finale où le double champion de France Supercar aura cruellement joué de malchance, la qualification de Jonathan pour la grande finale prouve qu’il faudra assurément compter avec la structure Pailler Compétition dans les rangs du championnat d’Europe Euro RX1 cette saison.

À dix jours du rendez-vous de Lohéac, c’est avec des ambitions évidentes que l’équipe la plus titrée de l’histoire du Rallycross tricolore peut envisager la suite de ses aventures.

Fabien Pailler - Peugeot 208 INTERMARCHÉ CARTE PRO CARBURANT/AXEL Fermetures

« On ne pensait pas pouvoir être aussi compétitifs d'entrée de jeu. D'une part, nous n'avions pas beaucoup d'expérience sur ce circuit et, d'une autre, nous étions opposés à un plateau ultra-compétitif. Honnêtement, voir que nous étions capables de jouer le podium voire peut-être mieux fut une très bonne surprise. Forcément, cet abandon à un tour du terme de l’arrivée en demi-finale me reste en travers de la gorge. On casse à un tour du terme de la demi-finale alors qu'une première ligne de finale nous attendait.

C'est une course à moitié satisfaisante car nous nous sommes engagés sur un championnat complet et un abandon en demi-finale est globalement la pire chose qui puisse nous arriver sur un plan strictement comptable. Nous étions là pour marquer des points donc le résultat final est très frustrant.

Sur le papier, nous savions que nos voitures étaient compétitives mais une épreuve de Rallycross dans les rangs de la série Euro RX1 ne se limite pas simplement au matériel. Il faut parvenir à cocher toutes les cases et mettre bout à bout tous ces micro-détails pour performer. Avant ce week-end, on ne savait pas si nous serions en mesure de prendre de bons envols ou encore si nous allions être en mesure de mettre le doigt sur le bon setup. Malgré la frustration, on va essayer de se focaliser sur le positif et le fait de constater qu'on peut faire jeu égal avec les favoris est un premier élément de réponse. Si nous avons réussi à trouver la vitesse qui aurait pu nous permettre de nous imposer sur un tel circuit, il n'y a pas de raison pour qu'on ne puisse pas le reproduire ailleurs. On a perdu beaucoup de points ici mais il faut l'accepter et passer à autre chose en se refocalisant sur Lohéac au plus vite. »

Jonathan Pailler - Peugeot 208 SALAÜN Holidays / AXEL Fermetures

« Honnêtement, j’ai eu un peu de mal à me remettre dedans. J’ai fait quelques erreurs lors des essais libres qui ne m’ont pas franchement aidé à accumuler de la confiance. Höljes est un circuit à très haute vitesse donc il y a toujours un cap à franchir en termes d’adaptation. J’étais trop focalisé sur le vibreur du premier virage car j’ai été marqué par le fameux tonneau d’Olivier Anne et celui de Nitiss quelques années plus tard. Il a fallu que je parvienne à faire abstraction de ça. Si Fabien a rapidement trouvé ses repères, je dois admettre que cela a pris un peu plus de temps dans mon cas.

J’ai été trop timide en Q1 sur le premier virage. Je pensais que mes adversaires seraient plus virulents donc je n’ai pas voulu prendre de risques. Cela m’a valu de perdre énormément de temps dans le trafic et jamais je n’ai été en mesure de pouvoir exprimer mon potentiel vitesse. Je n’ai pas été très bon sur cette Q1 et même si j’ai été bien meilleur en Q2, je me suis fait piéger par l’évolution de la piste et je n’ai pas été récompensé de ma performance sur le plan chronométrique. Néanmoins, cette Q2 m’a permis de prendre du plaisir et d’attaquer tout en prenant soin de remporter ma première victoire de série. Parvenir à faire ça à Höljes, c’est toujours un moment unique ! » s’amuse Jonathan.

« L’abandon de Fabien reste un énorme regret à mes yeux. Cette roue qui s’envole sur le jump nous gâche un peu la fête. En 30 ans sous les couleurs de Pailler Compétition, “Roro” (Pascal Le Tannou - NDLR) n’avait jamais vu ça ! Un roulement qui lâche de cette manière, c’est très étrange. D’habitude, c’est typiquement le genre de mésaventures qui me sont réservées mais, là, c’est tombé sur Fabien au pire moment du week-end. C’est très frustrant mais on va essayer de se focaliser sur le position car il y a énormément de bonnes choses à retirer de ce week-end

Ça reste un bon week-end pour notre équipe. C’est toujours gratifiant de voir que notre travail porte ses fruits. En dépit de notre manque de roulage, on était dans le coup à Höljes tout en prouvant qu’on pouvait rivaliser avec les meilleurs pilotes européens. Pourtant, sur les deux dernières années, nous nous sommes contentés d’une seule séance d’essais et d’une seule course pour préparer Höljes. C’est très peu en comparaison de nos adversaires.

J’avais fait le choix de ne pas mettre de pneumatiques neufs en demi-finale et je crois que je l’ai un peu payé par la suite en finale. C’est peut-être ce qui peut expliquer mon manque de vitesse lors du dernier Top 6 et le fait que je n’ai pas réussi à faire mieux que cinquième. Toutefois, cette cinquième place reste une bonne performance. J’étais parti dans l’optique de signer un week-end constant comme j’avais su le faire en 2019 dans les rangs du World RX. De ce côté-là, j’ai rempli mes objectifs tandis que je marque de bons points en vue du championnat et c’est forcément encourageant pour la suite.

On a encore compris pas mal de choses ce week-end. À commencer par nos performances sur départs arrêtés. Nous n’avons pas encore autant de recul qu’on pourrait le souhaiter avec ces voitures mais on continue à apprendre à mieux cerner leur exploitation à chaque nouvelle sortie. C’est positif pour la suite de la saison. »

Auteur : Pure Rallycross - Nicolas DUBERNARD